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Terre Libérée, une cité veg’anarchiste

On parle souvent d’anarchisme en ricanant, cette idéologie si séduisante tant qu’on la croit impossible. Il y a pourtant eu nombre d’expériences concrètes, comme celle de Louis Rimbault à Luynes, qui reposait sur le végétalisme et qui s’avéra viable. Viable pour changer le quotidien. Et changer le quotidien, c’est déjà changer le monde.

 

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1900-1924, LA CONSTRUCTION D’UN INDIVIDU

 

Ni Dieu, ni maître. « Mieux d’être », ajouta Jacques Prévert. Ni bourgeoisie, ni prolétariat. Ni patronat, ni salariat. Ni Eglise, ni Etat. 1900. Les mouvances anarchistes n’ont jamais été si nombreuses, véritables viviers d’idées parfois innovantes, parfois déroutantes, parfois consternantes, et parfois révolutionnaires.

Louis Rimbault a 23 ans. Il est né à Tours, sa famille est pauvre, son père alcoolique. Dans les lignes qui suivent, les lignes de sa main, les paradis artificiels n’auront aucune place.

« Nous vivons sans Dieu, sans patrie, sans maître, libres avec la sensation à chaque instant de vivre ce que nous souhaiterions avoir vécu. »
André Mounier, En communisme. La colonie libertaire d’Aiglemont,
Aiglemont, impr. spéciale, 1906

Il cumule les petits boulots dans la tôlerie, les restos, la quincaillerie, la serrurerie. Il se cherche une voie. Ce sera peut-être la politique… 1903, radical-socialiste, il devient conseiller municipal. 1908, il est abstentionniste. C’est son frère qui le conduit dans les milieux anarchistes.

La mouvance ? Individualiste, celle des « milieux libres ». Entendez par là des anarchistes qui ne veulent plus attendre une hypothétique révolution, et souhaitent la libération immédiate de l’individu. De 1890 à 1930, nombre de colonies vont voir le jour à travers le monde et en France, seul moyen de vivre et travailler ensemble. Non pas les uns pour les uns au détriment de tous les autres. Mais ensemble !

Les aspirations, les rêves, les idéaux rapprochent, mais les engueulades et les empoignades sont terribles. En 1910, Louis devient végétarien et raconte : «  Dans ce milieu, il y eut, entre carnivores et végétariens, des luttes violentes. Le budget de la colonie était difficile à boucler par les exigences coûteuses et les pratiques démoralisantes des buveurs de vin, de bière, de café, de thé, par les mangeurs de viande de boucherie, de charcuterie, de poissons, de volaille, de conserves, etc. »

terre-liberre-5Quel rapport, me direz-vous, avec l’anarchisme ? « Ces faux besoins plaçaient les colons dans l’obligation de recourir à leur propre exploitation, au « tapage » ou à des expédients peu dignes d’hommes vivant pour un exemple de libération. »

On touche au cœur de la théorie de Louis  : distinguer les besoins vitaux des « faux besoins ». L’individu peut produire par lui-même ce qui lui  est réellement nécessaire – une nourriture végétale -, mais il doit acheter ce qui lui est faussement vendu comme vital – l’alcool par exemple – et donc travailler pour un système économique asservissant, aliénant. Selon Louis, le végétalisme est la réponse aux besoins naturels et  permettra à l’homme « de se suffire à lui-même. »

En attendant, les colonies peinent justement à subvenir à leurs besoins… Pour les financer, l’illégalisme tentera certains, et Louis n’en sera pas loin. 1911. Il est incarcéré deux ans, dans l’attente de son procès, pour complicité avec la Bande à Bonnot. Il sera finalement acquitté.

Devant l’échec de ces colonies, Louis rumine son idée de Cité idéale au contact de ceux qui se radicalisent toujours plus dans la réduction des besoins individuels par le biais d’un retour à la Nature, à la terre. Un seul credo : se suffire à soi-même en produisant soi-même.

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1924-1949, TERRE LIBEREE, UNE COLONIE A LUYNES

 

Le projet de Cité ne le quitte plus : « Nous aurons probablement le bonheur, à Tours, d’arrêter un instant ces hommes dans leur course inconsciente vers l’inconnu et leur donner ce qui leur manque pour apporter, à tout milieu où ils feront escale, une garantie de leur désir de fraternité. »

1924 à Luynes, au lieu dit « Le Pin », Louis ouvre sa colonie : Terre libérée. L’objectif : une libération immédiate de l’individu. Le moyen : le végétalisme. « Que l’individu puisse, en se libérant définitivement, se suffire à lui-même sans le secours de l’industrialisme qui restreint plus la liberté et l’individualité qu’il n’en donne. »

Tout repose sur une démonstration simple : le végétalien peut se suffire à lui-même en produisant et en satisfaisant lui-même ses besoins vitaux, naturels. Il est en mesure de s’émanciper du cercle vicieux qui asservit les individus : je consomme donc je travaille pour consommer ; je travaille donc je produis ; plus je produis, plus je consomme, plus je dois travailler.

Pourquoi le végétalisme ?
Sur le plan éthique : La cruauté de l’élevage de l’animal – « toujours nourri, engraissé artificiellement au moyen de produits infects, nocifs, dangereux » – et de son abattage.
Sur le plan biologique : La viande est toxique pour l’homme qui est un frugivore. Un moyen de régénérescence. Une hygiène de vie.
Sur le plan économique : Le régime végétarien est moins coûteux. Un moyen de libération individuelle.
Sur le plan humain : Le seul but à atteindre.

Ne plus consommer, c’est ainsi s’extraire de tout système économique. L’individu n’est plus redevable de personne. Il participe au combat contre les logiques de production capitalistes. Louis ne parle pas de révolution, mais d’évasion.

Par quel moyen ? Le retour à la terre, à la nature, à la possession du sol. En cultivant de façon responsable sa nourriture, en réhabilitant les gestes anciens des artisans, l’homme peut se libérer. Se régénérer – par des cultures saines – et régénérer les sols. Louis s’oppose ainsi à l’industrialisation chère aux Socialistes, qui asservit les ouvriers et pollue l’environnement.

Louis n’a pas pour objectif de créer une société « d’hommes groupés », mais une Cité « d’hommes libres ». Il invente le terme de « naturarchistes » : « Les naturarchistes voient dans leur mode de vie le moyen de libération individuelle comme de régénérescence de l’humanité entière. »

Mais il faut un financement pour lancer l’aventure et acheter le terrain : 10 hectares de terres cultivables, des vergers, un ruisseau, un puits…  La souscription de 3000 francs demandée à chacun exclut donc les plus pauvres. Le hic !

20 personnes au maximum sont accueillies en permanence : « Les deux sexes sont égaux en droit et en obligations. La compagne, considérée comme indépendante, possédera, si elle le revendique, sa part individuelle, en toute autonomie. »

Ce n’est pas Louis qui dirige la vie de la colonie en autocrate, mais des conseils librement établis. Et un règlement est mis en place. Intégrer la Cité n’est pas un droit acquis, et par exemple celui qui exploitera des hommes ou consommera des animaux en sera exclu.

Terre Libérée n’est pas une colonie fermée, elle est une Ecole végétalienne ouverte, car l’émancipation passe aussi par la pédagogie. Au cours des dix premiers  mois, elle reçoit 300 visites, un tramway reliant Tours à Luynes. Elle  diffuse des brochures éducatives, dont celle sur les plantes sauvages qui permet de se nourrir et de se soigner gratuitement, simplement en se penchant sur le bord des chemins.  Un autre projet voit le jour avec la création d’un préventorium pour les enfants et les malades.

terre-liberre-4En 1929, Louis rappelle que la colonie « existe par ses propres moyens, vit dans l’abondance sans un sou de dette. » L’activité est résumée dans ce bilan : « Eugénisme, nudisme laborieux, vie sans jalousie, pédagogie instruite du fait vécu, pratique des artisanats bienveillants sans le secours de la machine ni des matériaux neufs, études médicales d’action préventive, lutte contre le stupéfiant par des actions publiques, conférences publiques et gratuites sur la santé, recherches sur les plantes alimentaires sauvages. »

En septembre 1932, c’est le tournant : « un accident pénible survenu au cours d’une leçon de construction de bâtiment (…) valut à Louis Rimbault de perdre l’usage des membres inférieurs et du bassin.» Bilan : il restera allongé jusqu’à la fin de ses jours. « Malgré cela, je continuerai d’assurer la direction technique de cette école naturarchiste – la seule au monde – portant enseignement d’hygiène de la conscience. »

Au moment de l’exode de 1940, la colonie accueille nombre de réfugiés. Dans le voisinage, on évoque des « bous à rin », et même des « espions », des « anarchisses de la bande à Bonnot… » Et dans ces années sombres, on se permet bien des choses : menaces de mort, récoltes saccagées, vols divers…

Après-guerre, Gandhi enverra des émissaires visiter Terre Libérée et Louis leur répondra : « La vraie non-coopération aux forces d’oppression ne peut être efficace que par le moyen du végétalisme, qui fait qu’un homme n’a plus besoin de rien ou presque, qui fait qu’un capitalisme ne trouve plus assez de ressources d’exploitation. »

Louis Rimbault meurt à 72 ans le 10 novembre 1949 et est enterré à Luynes. Sur sa tombe on peut toujours lire :

Fondateur de Terre Libérée
Ecole de pratique végétalienne
A qui il consacra sa vie dans le but
d’une régénération sociale

Terre Libérée ne lui survivra pas.

Le 4 février 2008, le Conseil Municipal de Luynes se réunit. « Le Maire passe à l’ordre du jour : Dénomination de la voie desservant la zone industrielle des Pins. Le Maire propose de baptiser cette rue la  » Rue des Artisans  » ; il demande si d’autres suggestions sont faites. Mr Ferrand prend la parole pour raconter une anecdote, où un membre de la  » bande à Bonnot », Louis Raimbaud, avait trouvé refuge au lieu-dit et avait fondé une colonie végétalienne un peu anarchiste, appelée « Terre Libérée ». Il suggère, mais en cette période, c’est peut-être délicat ajoute-t-il !, le nom de  » rue des terres libérées « … Le Conseil accepte à l’unanimité le nom de Rue des Artisans » (Extraits du compte-rendu).

 

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LES EVADES, RENCONTRE POST-MORTEM AVEC LOUIS RIMBAULT

 

Monsieur Rimbault, vous avez rapidement choisi de rejoindre la mouvance de l’anarchisme individualiste, celle qui, au contraire des idéalistes qui ne sont pas passés à l’action, a choisi de mener des actions de révolte sans attendre d’hypothétiques jours meilleurs.

Quand l’homme a compris que le milieu économique, social, ne peut être transformé par son vouloir ; que son idéal ne peut y être réalisé, de ce jour il doit chercher à s’en évader. Il ne se considère plus que comme un prisonnier, comme un pauvre, comme un misérable isolé qui veut se libérer de l’oppression, de la misère, de la solitude. Il n’est plus solidaire du reste du monde bourgeois ou ouvrier, il prépare son évasion pour gagner un terrain sec où il ait le pied sûr.

terre-liberre-6Longtemps pourtant, l’anarchisme et le socialisme ont connu des positions communes. Mais l’individualisme est une rupture…

Les plus belles pages de l’histoire révolutionnaire n’ont été inspirées que par l’acte individuel ; il n’y a rien à attendre des foules. Travailler à la régénération de l’individu pour l’amener à la perfection de son être et du milieu, voilà le seul acte révolutionnaire qui compte.

Vous faites de la pratique végétaliste le socle de l’engagement anarchiste…

Le végétalisme n’est pas qu’une question d’hygiène alimentaire pour constipés comme le végétarisme, c’est une pratique de non-coopération formelle et absolue contre toutes les forces sur lesquelles repose l’Etat et ses satellites : Eglise, Argent, Salariat, Armée, Justice.

Vous décidez donc d’agir en ouvrant votre Cité à Luynes Terre Libérée, pour des lendemains meilleurs ?

Non pas un lendemain hypothétique, mais une réalité libérée et puissante marquée par le refus radical d’une vie assignée à la production et à la consommation.

L’anarchisme a beaucoup parlé d’auto-gestion, et selon vous, elle n’est envisageable que par le végétalisme…

L’individu peut, en se libérant définitivement, en devenant végétalien, se suffire à lui-même sans le secours de l’industrialisme qui restreint plus la liberté et l’individualité qu’il n’en donne.

Et comme moyen de production dont l’objectif est cette auto-gestion, ce qu’on appelle aujourd’hui, pour faire du neuf (bobo) avec du vieux (paysan), l’agriculture bio…

Par exemple, nous avons mené des essais d’apport de terres variées, en matière de jardinage, et ils ont donné des résultats, encouragés par l’excellence et l’abondance des productions. La terre ne recevra donc pas de fumier des écuries esclavagistes, contaminantes et encore moins d’engrais chimique.

L’objectif est bien une révolution anarchiste qui, par le végétalisme et l’auto-production naturelle des besoins vitaux, permettrait de réduire l’économie capitaliste à sa simple expression.

Oui, en se nourrissant gratuitement et plus sainement. Terre Libérée a enseigné toutes les techniques utiles à la vie rationnelle, libre et solidaire, sans le recours de la machine et des matériaux neufs, afin qu’un homme puisse vraiment se libérer sans le secours des moyens coûteux de la technique industrielle contemporaine. Il faut ramener l’individu à la possession du sol, ramener les humains à l’amour de la terre.

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LA BASCONNAISE, RECETTE VEGETALIENNE PAR LOUIS RIMBAULT

 

« Salade composite, complète, d’infinies variétés.

Les racines crues, carottes, navets, rutabagas, radis noirs, panais, raves, betteraves, pommes de terre, topinambours, etc., simplement brossés – un légume, un fruit épluchés perdent jusqu’à 8 parties sur 10 de leur valeur nourricière – sans être épluchés, il seront donc nettoyés à la brosse à main dans l’eau courante, si possible, et coupés par le travers du fruit – afin que le fil soit coupé menu – avec un couteau de fer blanc, dit « couteau à la julienne », vendu communément 0 fr. 65 dans les bazars.

La salade basconnaise sera composée de toutes verdures potagères, de toutes salades et légumes verts coupés fins, après lavage à l’eau salée d’abord, et rincés à l’eau courante.

Ce couteau, garni de petites encoches, produit une julienne qui fait s’entrelacer, dans un coloris appétissant, puis se confondre, tous les éléments en présence.

« Si la femme dit gagner du temps en faisant cuire une entrecôte, un poulet, une cervelle, ou en présentant des huîtres, des confitures, des fromages, des pâtisseries, du café, etc., il lui faudra penser que son éternel exploité de mari, pour gagner toutes ces saletés, en perdra, lui, du temps, de la liberté, de la dignité, de la vie, en entretenant du même coup, les commerces et les industries ennemies de la vie, pourvoyeuses de la misère et de la guerre ! »

Le radis rose et le salsifis seront coupés en petites rondelles à l’aide de l’extrémité du couteau, réservée à l’épluchage de la pomme de terre.

Les fruits, tels que tomate, melon, seront coupés fin en petites tranches, le melon, débarrassé de sa pelure ; le concombre, la pomme, ces deux derniers lavés avec soin et non épluchés, seront débités en julienne, pépins enlevés.

D’autres fruits tels la cerise – noyau sorti – la groseille à grappe, la framboise, l’amande, la noix, la noisette et le marron – ces quatre derniers coupés en petits morceaux – agrémenteront la basconnaise, suivant ce que la saison fournira de fruits.

Les légumes secs : haricots, lentilles, fèves, pois, cuits dans les soupes (au moyen de la boule à riz ou d’un petit sac de toile) seront ajoutés dans la proportion d’une cuillerée à bouche ou deux par personne.

Les haricots verts coupés fins, les fèves fraîches coupées en petits morceaux et le petit pois, peuvent entrer, pour une petite part dans la composition de la basconnaise.

Le chou-fleur (cuit et cru), les légumes verts cuits, les croûtons de pain au four – supprimant le pain sur la table – et la pomme de terre cuite (2 en moyenne par personne), seront également ajoutés.

la-basconnaiseLe blé grillé (doré seulement) et passé au moulin à café, le maïs également, remplaceront avantageusement les croûtons de pain grillés ou dorés à l’huile chaude à la poêle.

Toutes les variétés de choux crus, coupés très fins, sont tout spécialement recommandés pour leurs principes minéralisateurs ; le chou cuit est à écarter de la basconnaise.

Les amandes et le blé trempés dans l’eau avec quelques gouttes de jus de citron, pendant 12 heures au moins, et passés ensuite au hache-viande, font de la basconnaise un aliment complet, de soutien et de force. Condiments associés au choix : poireaux, ciboulette, oignons, ail – vert de préférence – pourpier, oseille, persil, cerfeuil, estragon, fenouil, sariette, raiponce, pimprenelle, champignons crus et fleurs de luzerne, de trèfle, de sanfoin ou capucines, de roses, de genêts.

La salade pourra être assaisonnée de citron en remplacement du vinaigre – quelques gouttes de vinaigre peuvent détruire une part importante des principes minéralisateurs – d’huile de bonne qualité, au choix des variétés, et de sel.

Si la femme dit gagner du temps en faisant cuire une entrecôte, un poulet, une cervelle, ou en présentant des huîtres, des confitures, des fromages, des pâtisseries, du café, etc., il lui faudra penser que son éternel exploité de mari, pour gagner toutes ces saletés, en perdra, lui, du temps, de la liberté, de la dignité, de la vie, en entretenant du même coup, les commerces et les industries ennemies de la vie, pourvoyeuses de la misère et de la guerre ! »

Reportage réalisé par Donatien Leroy, Battements de Loire

Sources :
A lire : Louis Rimbault & Terre Libérée, brochure, texte intégral
http://www.infokiosques.net/IMG/pdf/Louis_Rimbault.pdf

http://etrelibre.over-blog.org/article-30476647.html
http://cartoliste.ficedl.info/article149.html
http://enhancedwiki.altervista.org/fr.wikipedia.php?title=Communaut%C3%A9_libertaire

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Un commentaire

  1. Quel choc salutaire de rencontrer un frère.
    Un être qui partage dans son entiereté votre vision de la vie.

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