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INFLUENCES > LETTRES D’A
Love Trip
Un texte de Bertrand Labarre

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Love Trip

On a pris la route
fendu des gorges
grimpé des cols
pénétré des forêts
arpenté des chemins
cartographié des monts
et descendu des vallées
jusqu’à en perdre le souffle

On s’est glissés dans la rivière
enlacés dans une impasse
rafraîchis à la fontaine
perdus sur le sentier de la nuit
suspendus aux branches du frisson
sans jamais percer le mystère
qui électrise la peau

On a affronté l’écume du torrent
lézardé sur des rochers
rêvé sous les nuages
peint le ciel bleu en rouge
pourchassé un orage sombre
dansé sur une crête dangereuse
et toujours nous étions heureux

On s’est crus morts à force d’étreintes
harassés de désirs intenses
noyés dans un rêve sans fin
réveillés dans un cri dès l’aube
encore ivres et inassouvis

On a replié la carte
repris le chemin à l’envers
rembobiné les cieux les paysages
remonté le fleuve à contre-courant
sans jamais se lâcher la main

On s’est promis d’autres voyages
d’autres demains d’abandon
d’autres cosmos intérieurs
d’autres mots encrés dans la peau
d’autres pages brûlées d’un soupir
d’autres jeux d’autres mignardises
et tant
de vies
à vivre

 

Un  texte de Bertrand Labarre
Photographie : Bertrand Labarre

Sur Bertrand Labarre :
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INFLUENCES > LETTRES D’A
A propos de Goths et d’onanisme
Un texte de Bertrand Labarre

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A propos de Goths et d’onanisme

Une chambre dans le clair-obscur
chérie il y a des Goths à Manaus

Sourire

J’aime te regarder quand tu te branles
et que je n’en peux plus

En coulisses l’héroïsme ne paie pas
certains hommes valent des milliards
quand la plupart ne valent rien

J’ai lu ça dans Le Monde

Battement de cils

Les Goths de Manaus
ont des problèmes de maquillage
sous climat tropical

Sourcils curieux

Continue chérie vas-y
branle-toi avec cet air sérieux

Qu’est-ce que tu penses de ça
on a pas à déclarer la guerre
la guerre fait rage depuis toujours
on a qu’à faire l’amour
et se planquer pour picorer
les miettes d’un bonheur terrestre

Viva la muerte

Elle jouit

 

Un  texte de Bertrand Labarre
Photographie : Bertrand Labarre

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INFLUENCES > LETTRES D’A
Blurry Paris
Un texte de Bertrand Labarre

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Blurry Paris

Ma baby roule comme une Harley sur le macadam
ses mèches de suie et son teint pâle
brisent la foule en souplesse
ses épaules dansent au dessus du troupeau
les pouffes se tassent sur son passage

On a pas mangé Thaï
trop de bolosses dans la street food

Ses pieds saignent
elle ne s’en plaint pas
ses lèvres boudent mais ses yeux rient

Allez viens c’est par là je connais Paris

Je te suis baby
pas moi
mais je crois que tu dis une connerie
rue Saint-Denis c’est par là

Putain
pas un Starbuck dans le coin pour pisser
fais chier
mais c’est bon Paris l’été

Et d’abord il est où ce concert
prends ma main suis-moi
merde ça a commencé
rien de grave on va entrer

Rue de Rivoli on se pousse du coude
le squat d’artistes vaut le coup d’oeil

Hier nuit deux chats de gouttière
se sont mis une peignée dans l’arrière-cour
et on a même pas baisé
trop crevés

Oui mais avant si
et au réveil aussi

Qu’importe
on s’enlace à Jaurès
bercés par le roulis
du métro aérien

On ne dit rien
on est bien
c’est beau Paris
par tous les temps

Nos ombres mêlées
se dandinent au cinéma des trottoirs

Les coursiers slaloment
comme des balles traçantes
entre les files de voitures à l’arrêt

Paris c’est bien
ta peau aussi
la poésie
l’air qu’on respire
la soif de stupre
et les fins de nuit
enroulés dans les draps
comme des nems

Ces petits riens du temps joli

L’odeur des frippes
chez Kiliwatch
la cigarette gare d’Austerlitz
et même ce train
qui n’en finit pas d’arriver

Ces petits riens du temps joli
c’est bien

 

Un  texte de Bertrand Labarre
Photographie : Bertrand Labarre

Sur Bertrand Labarre :
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INFLUENCES > ECRITURES
Point de suspensions
Audrey Terrisse, Auteure

“La seule écriture valable, c’est celle qu’on invente… C’est ça qui rend les choses réelles.”
Ernest Hemingway, Les Aventures de Nick Adams Lire plus »