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Id#ntifications, un photographe sur la route

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Donatien Leroy, comment ou pourquoi devient-on photographe ?

La question est peut-être de savoir pourquoi on veut graver sur une image un moment, un spectacle, une émotion… Tout le monde est témoin en permanence d’événements, petits ou majeurs, mais le photographe, lui, regarde. Attentivement. Il se veut voyeur. Et il veut s’exprimer. Mon travail dit trois choses : la colère et la révolte tout d’abord, la recherche de soi sur la route ensuite, et enfin la contemplation… Je ne suis photographe que parce que j’ai trop de choses à exprimer, et que je n’aime pas parler.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je crois que ma première inspiration vient du cinéma… Je dis souvent que c’est Antonioni, le réalisateur italien, qui est mon père spirituel… Ensuite, on retrouvera sur mon chemin Bill Brandt, Kertesz et bien sûr Gurski… Et au final, ma plus grande inspiration est la nature et les grands espaces. J’y trouve toutes les émotions nécessaires à la création. Et je me retrouve aussi dans ces étendues à perte de vue.

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Les paysages défilent sur votre site web, on prend alors la route…

Oui, j’ai beaucoup roulé, et je roule encore… Toujours le besoin de partir. On m’a parfois demandé ce que je fuyais, mais en réalité, quand je pars, je me retrouve pleinement. Et sortir de son environnement permet de retrouver la curiosité nécessaire à la création. A la contemplation.

Vous avez une prédilection pour les pays du Nord ?

Oui, la lumière est fabuleuse, changeante en permanence. C’est un jeu perpétuel… Tout est en mouvement dans le Nord, le ciel, l’eau, les couleurs, et même le silence… Je reviens de Laponie où le soleil bas donne aux arbres des ombres vertigineuses… En France, j’éprouve beaucoup d’émotions en Baie de Somme… Et plus au sud, à quelques heures de route, il y a le désert de Bardenas Reales, au nord de l’Espagne qui nous projette dans l’ouest américain… Les grands espaces sont à portée de route…

Pourquoi avoir nommé l’ensemble de vos photographies Id#ntifications ?

Je crois que ce mot est le synonyme de photographie… Etre artiste, c’est soulever la couverture pour voir ce qu’il y a en-dessous… Rien n’est révélé, tout est planqué et de plus en plus… Il s’agit de révéler l’identité des choses… Et cette identité est parfois violente, parfois douce, parfois émouvante…

Que conseilleriez-vous à un jeune qui veut s’exprimer par la photographie ?

Uniquement de poser ses fesses sur un banc et de prendre le temps de regarder ce qui se joue autour de lui. Un baiser échangé sur un quai de gare ou encore, plus intimement, le mouvement de la terre… Tout est matière à l’étonnement, il faut sortir de sa vie machinale pour retrouver par moments son animalité. Être à l’affût. Avoir faim.

Vous êtes à l’initiative de Battements de Loire, quel est votre projet ?

L’idée sera de donner la parole ou de tracer le portrait d’hommes et de femmes qui font vivre la Touraine autrement… Des photographies écrites… Il y aura des artistes et des artisans, les Mains d’Or, on parlera d’actions solidaires, de ceux qui œuvrent pour un autre monde, à leur façon et avec leurs moyens… Il n’y a pas de petites actions, et il y aura de grandes rencontres, je pense…

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Propos recueillis par la rédaction de Battements de Loire

Site web : www.bindi-photographie.com

 

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