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En attendant Camille… #2
Auteure, modèle

Il y a comme un parfum familier

Il y a dans ces papiers,
Qui ont supplanté mon cerveau,
Ce mélange d’odeurs si particulier.

Il y a celle du café,
Autour duquel on se réveillait,
Pour compenser notre manque de sommeil.

Il a y celle du soleil,
Alliée à la rosée du matin
Qui libérait l’arôme du foin.

Il y a celle du bois,
Mélangée à celle de ton tabac
Qui rappelle mon cœur au tien.

Il y a les allers-retours au magasin,
Les recherches d’infos,
Les petites peines et les grands bonheurs.

Il y a l’odeur de cette chaleur,
Qui a fatigué nos os
Et brûlé notre peau.

Il y a celle des apéros
De l’espace VIP et de notre piscine,
Du chouchen, de l’hypocras et de la bière.

Il y a même celle de la poussière
Emanant de la prairie,
Qui en a foulé bien des chevilles.

Jusqu’au grésillements des talkies
Des rires, du canal de l’amour
Et de l’arôme essentiel des massages d’Océanile.

Il y a comme le parfum d’une nouvelle famille !!

Camille

01-dadu phoenix

Il y a comme un écho. Parfois. Dans la voix des autres.
C’est à peu près un type qui se souvient avoir écrit un jour :

Hopper

Ton doigt a dessiné une croix dans la buée du miroir
T’es-tu maquillée ce matin ?
Il y a la femme seule de Hopper posée sur ton lit
Que lit-elle ces jours-ci ?
L’appartement est à moitié vide, la lumière rentre,
Tu as de la place pour danser. Danses-tu ?
Quand ça n’allait pas, tu partais à toute blinde à Saint-Malo
Où es-tu aujourd’hui ?

Il fait beau. Je reste au fond de mon lit.
Rien ne m’attend dehors.
Il ne se passera rien aujourd’hui.
Comme il ne se passera rien demain.
J’allume une cigarette.
J’irai faire des courses plus tard.
De quoi as-tu besoin ?

camille00

Le type ne connaît pas Camille, il ne la connaîtra jamais. Elle passera juste devant son viseur. Plus encore, le type imagine qu’elle est un peu comme lui, de ces personnes qu’on effleure parfois du bout des doigts. Juste ça. Sans qu’elle ne puisse ou ne veuille offrir davantage.

En attendant Camille, il y a quelque chose qui lui est familier. Elle a sans doute 30 balais et quelques poussières derrière elle, et c’est à peu près l’âge où il a tout lâché, l’âge où il a pris la route. C’est à peu près ça qu’il croit, que ce monde photographique qu’elle construit avec d’autres regards, c’est sa façon à elle de tout larguer, un jour, plusieurs jours, tout le temps, en tout cas de prendre la route.

Que cherche Camille sur le bitume ?

Lui, il cherchait à savoir qui il était, qui il est. En se foutant pas mal de qui il sera.

Il y a quelque chose qui lui est familier chez elle. Mais il y a quelque chose qui restera étranger. Quelque chose d’insaisissable, de l’ordre de l’intouchable. Il est prêt à parier que ceux qui ont cherché à la connaître se sont égarés. Il est de certaines personnes comme des labyrinthes.

En attendant Camille, et le jour approche où il la « mettra en boîte », dans sa boîte noire à lui. En attendant Camille, le type ne sait plus pourquoi il s’est mis un jour à écrire sur quelqu’un qu’il n’a jamais rencontré. Cela l’amusait. Point. Et puis, en attendant Camille, à quoi bon la rencontrer, il suffit de lire toutes ces photographies où elle se voile et où elle se dévoile, pour comprendre un peu de ce qu’elle est. Tout ce que, de toute façon, on ne peut que grappiller.

En attendant Camille… C’est encore un peu l’histoire d’un type qui lui volera quelque chose d’elle avec un coffre à images, pour parler de lui, de ses errances passées, de ses errances à venir. Ce jour-là, il attendra que Camille lui prête quelque chose d’elle. Une main qui tremble, un regard qui se brouille, un corps qui tombe, un corps qui se relève peut-être. Il s’agira de ne pas passer à côté. Et d’écrire alors une image.

En attendant, Camille s’en fout. Elle écrit.

03-patrice-molle

S’embrasser

S’apprécier, s’apprivoiser
Espérer, espérer
Se jauger,
Savourer cette douce passion.
Ne pas fantasmer, ni à cette bouche sur laquelle je louche,
Ni au goût de tes lèvres qui me touchent.

S’écouter, s’entendre,
Attendre, attendre,
Se découvrir,
Boire tes paroles et à tes lèvres se suspendre.
Ne pas fantasmer, ni à te dévêtir,
Ni à tes murmures de plaisir.

S’observer, se chercher
Patienter, patienter
S’estimer,
Se concentrer sur cette mèche à replacer.
Ne pas fantasmer, ni à nos ébats,
Ni à mes draps, qui t’auraient décoiffés.

Se convoiter, se désirer,
Languir, languir,
Se rapprocher,
Espérer te frôler.
Ne pas fantasmer, ni à mes doigts glissant sur ta nuque,
Ni aux frissons qui pourraient la parcourir.

Se sentir, se pressentir,
Résister, résister
S’électriser,
S’enivrer de ton odeur.
Ne pas fantasmer, ni à ton souffle caressant ma peau,
Ni à nos respirations saccadées.

Succomber, se déguster,
S’essayer,
Ne plus attendre, s’empresser,
S’embrasser, s’embraser,
S’abandonner.

Camille

chamille

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Donatien Leroy
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